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Risques en matière de santé et de sécurité liés à la réponse au bip des sapeurs-pompiers d’astreinte et en garde postée

Répondre à l’alerte est à la source d’un risque significatif pour la santé et la sécurité des sapeurs-pompiers. Ce risque est essentiellement cardiovasculaire et concerne le stress psychologique, physiologique, ou encore la fatigue. Ces risques ont largement été explorés pour les sapeurs-pompiers en garde postée, mais peu d’études se sont penchées sur les facteurs contribuant à ces risques pour les personnels d’astreinte, recevant l’alerte depuis leur domicile.

Une étude de Jessica Paterson, Brad Aisbett et Sally Ferguson, publiée en 2016 dans le journal Safety Science a été menée chez les sapeurs-pompiers australiens travaillant en zones urbaines, et s’est intéressée à leurs modalités de réponse à l’alerte, aux similitudes et différences en matière de risques psychologiques et physiques entre les régimes de l’astreinte et de la garde postée.

Des variables liées au sommeil, à la fatigue, à la réponse réelle au stimulus de l’alerte, à la conciliation des temps de vie professionnels et de vie privée, et aux traumatismes ont été explorées.

Si les deux groupes rapportaient une fatigue significative, les sapeurs-pompiers d’astreinte, devant gérer simultanément leur emploi principal et leur astreinte, reportaient une fatigue plus importante que ceux en garde postée.

Le challenge lié à la conciliation des temps de vie était particulièrement important et caractéristique chez le groupe des sapeurs-pompiers d’astreinte. La difficulté à concilier vie familiale, vie professionnelle et vie sapeur-pompier a été rapportée systématiquement, les personnes concernées désignant alors l’astreinte comme une source importante de conflits et d’usure.
La flexibilité de certains employeurs ou certaines activités professionnelles plus aisées à quitter (ex. : la vente, le commerce) que d’autres (ex : sécurité, activité libérale ou toute activité ne pouvant pas être reprise dans l’instant par un collègue de travail) semblerait jouer sur ces aspects.
Les perturbations de la vie privée et familiale seraient également parmi les plus difficile à supporter, les familles et les proches souffrant souvent plus de la situation que les intéressés eux-même. Outre l’absence, les sapeurs-pompiers d’astreinte rapporteraient plus de difficultés dans les relations avec leurs proches (enfants...) dues à la fatigue occasionnée par les interventions (irritabilité, manque de sommeil). Les difficultés liées aux obligations parentales (sorties d’école, garde d’enfants...) seraient également importantes.
Les sapeurs-pompiers d’astreinte seraient ainsi obligés d’élaborer des stratégies d’adaptation complexes liées à la gestion de leur disponibilité et de celle de leur conjoint, de leur fatigue, de leur repos, ou de l’impact de la durée d’une éventuelle intervention sur leur planning personnel et professionnel.
D’autres effets ont également été notés concernant la socialisation et le repos des sapeurs-pompiers d’astreinte, certains rapportant ne pas pouvoir se relaxer ou partager de moments conviviaux avec leurs amis pendant l’astreinte.

Les deux groupes ont rapporté des problèmes liés à l’inertie de sommeil et aux risques liés à la conduite de véhicules (personnels ou de service) suivant la réception de l’alerte. Ils rapportent également tous deux un sommeil léger, insuffisant ou fragmenté résultant des réponses au bip, mais pour des raisons différentes.

Dans le cas des sapeurs-pompiers en garde postée, ces interruptions de sommeil étaient associés aux départs réels, mais aussi au fait d’entendre les bips des collègues partant en intervention.

Pour les sapeurs-pompiers d’astreinte, l’attente de l’alerte augmenterait au fur et à mesure des nuits où la sollicitation est faible ou nulle. Après plusieurs nuits consécutives sans "coup de bip", l’inquiétude des sapeurs-pompiers d’astreinte, liée par exemple à la peur d’une panne éventuelle du bip ou d’avoir loupé un départ, diminuerait fortement la qualité du sommeil.

Cette étude montre l’importance de la prise en compte des impacts de l’alerte et des différents régimes de travail (en particulier de l’astreinte) sur la qualité de vie, la santé et la sécurité des sapeurs-pompiers. Des pistes de prévention pourraient être explorées en formant les personnels d’astreinte à partir de bonnes pratiques permettant d’améliorer la conciliation des temps de vie.

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